Une réforme systémique inutile

Mis à jour le 03-12-2019 à 11:37:14

Depuis le début des années 1990 pour combler les déficits des régimes de retraites, les différents gouvernements sous influence des économistes libéraux ont mis en œuvre des réformes au seul détriment des salarié-es (augmentation de la durée de cotisation, décote, recul de l’âge d’ouverture des droits à la retraite) et des retraité-es (défaut d’indexation des pensions, augmentation de la CSG). A aucun moment d’autres sources de financement n’ont été proposées pour faire face aux déficits, notamment l’augmentation des cotisations des employeurs.

Actuellement, les régimes sont quasiment à l’équilibre selon le Conseil d’Orientation des Retraites (COR), avec un léger déficit à l’horizon 2025 compris entre 0,3 et 0,7 points de PIB (de 8 à 17 milliards)

Pour justifier d’une nouvelle réforme, les arguments avancés sont les mêmes que pour les réformes précédentes. Lors de son intervention du 12 septembre, le premier ministre a repris ce refrain tant de fois entendu :

Il faut sauver les retraites des générations futures et les mesures proposées ont pour objectif que le système soit plus lisible, plus juste et plus transparent.

Puisqu’on vit plus longtemps, on doit travailler plus longtemps.

Évidemment, on ne se préoccupe pas de prendre en compte une espérance de vie en bonne santé !

Contrairement à ce qui nous est répété à l’envi, cette réforme systémique n’est pas nécessaire mais elle repose sur des velléités de contrôler les dispositifs de solidarité, d’alléger les « charges » des employeurs pour soi-disant améliorer la compétitivité, de s’aligner sur les réformes qui aujourd’hui ont touché de nombreux pays de l’Union Européenne. Tout cela justifie la volonté du président à diminuer le montant des pensions. C’est aussi, dans le système libéral que nous connaissons, un moyen pour “la finance” de capter cet argent par le biais de la capitalisation.